Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables (SER), était l’invité ce samedi matin de Benjamin Pétrover sur Europe 1. L’essentiel de son intervention concernait la saisie par le Conseil d’Etat d’une demande d’avis de la Cour de justice de l’Union européenne de justice sur les tarifs éoliens.
Lors de cette intervention, Jean-Louis Bal a confié avoir rencontré à plusieurs reprises Nicole Bricq, avant que celle-ci ne soit nommée ministre de l’écologie, du Développement durable et de l’Energie dont il a noté ses qualités d’écoute. Le président du SER a eu l’occasion de lui présenter le livre blanc des énergies renouvelables que le syndicat a publié il y a quelques semaines.
En attendant le débat sur l’énergie qui doit s’engager et durera environ une année, Jean-Louis Bal compte bien demander la mise en œuvre de mesures d’urgence pour relancer en autre le secteur du photovoltaïque en grande difficulté à la suite de l’encadrement tarifaire qui a été mis en place, il y a plus d’un an, et qui n’est pas suffisamment incitatif.
Jean-Michel Billaut dont le blog, consacré aux technologies numériques, est extrêmement fréquenté a réalisé une interview de votre serviteur. J’y présente une des hypothèses, de plus en plus partagée, dans le développement de l’énergie solaire alors qu’approche à grands pas l’heure de la parité réseau. Autoconsommation et internet de l’énergie sont les deux concepts sur lesquels vont s’appuyer la généralisation du recours au photovoltaïque.
Mardi 1er mai, JT de 20h00 de France 2, David Pujadas lance un sujet sur le solaire à Paris. Le reportage s'appuie sur l'étude lancée par l'Atelier Parisien d'Urbanisme, l'APUR. Selon cette étude, ajoute le commentaire, « un quart des toits de la capitale serait suffisamment ensoleillé pour recevoir des panneaux solaires ». Et de montrer images à l'appui que certains immeubles parisiens sont d'ores et déjà équipés en panneaux thermiques ou photovoltaïques. Le commentaire met notamment l'accent sur les durées d'amortissement de plusieurs dizaines d'années des systèmes. Il est tempéré par la vision d'un promoteur, Jean-Marie André, de la direction Immobilière des « 3F » qui a solarisé un immeuble sur les quais du canal Saint-Martin : « On peut penser également que nous sommes dans une période où l'énergie fossile ne pourra qu'augmenter et il y aura à ce moment un rattrapage et donc un amortissement naturel en quelque sorte ». Le reportage se termine sur les toits de Saint-Charles International à Perpignan qui permettent de combler 10% de la consommation de la ville.
Retour plateau. Sébastien Vibert, journaliste, confirme que « techniquement, on sait le faire, on est prêt pour équiper tous les toits de France de panneaux photovoltaïques ». « Juste une question d'argent » ajoute-t-il avant de se lancer dans une explication de texte sur l'amortissement par rapport à l'investissement et sur le tarif d'achat. Pas un mot sur ce qui est pourtant essentiel aujourd'hui, la baisse des prix des modules qui est en train de changer l'ensemble du paradigme énergétique. Et David Pujadas d'interroger pour conclure « sur l'utopie du solaire comme une énergie de masse ? ». « Difficile de répondre » s'empresse Sébastien Vibert qui va prendre l'exemple de Paris pour étayer son raisonnement. « Aujourd'hui à Paris, le solaire couvre 0,02% … Si on couvre tous les toits de Paris, on ne couvrira que 2% des besoins.
Moralité : le photovoltaïque n'est pas prêt de remplacer les énergies fossiles. Il ne sera rentable que si l'on baisse nos consommations. Mais c'est une énergie très prometteuse car techniquement elle n'est qu'au début de son exploitation » conclut-il. Prendre l'exemple de Paris intra muros, une ville à forte densité urbaine où la consommation d'énergie est importante, pour évoquer l'avenir de l'énergie solaire semble très réducteur. A ce titre, l'exemple des toitures de Saint-Charles International de Perpignan vient justement rappeler que sur ce seul projet, certes d'envergure et unique au monde, 10% de la consommation de la capitale du Roussillon sont satisfaits. Au niveau du Languedoc-Roussillon, les 2000 MW programmés d'ici 2020, généreront 20% de la consommation d'électricité de la Région. Comme quoi, Paris n'est pas la France !
Lors de congrès de France Nature Environnement, samedi dernier à Montreuil-sous-Bois sept candidats à l’élection présidentielle - François Hollande (PS), François Bayrou (MoDem), Eva Joly (EELV), Corinne Lepage (Cap21), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Hervé Morin (NC) et Dominique de Villepin (République solidaire) - étaient invités à s’exprimer sur la politique qu’ils mettraient en œuvre en matière d’environnement, s’ils accédaient à la magistrature suprême. Nous reproduirons ici au fur à mesure de leur disponibilité les extraits des interventions relatives aux énergies renouvelables.
Premiers extraits du discours de François Hollande :
- Organisation d’un grand débat national sur l’énergie qui se conclura par le vote d’une loi de « transition énergétique » à l’Assemblé nationale. Ce débat pourra se dérouler sur une période longue de 6 mois à un an.
- La part du nucléaire passera de 75 à 50 % à terme et pendant le prochain mandat la centrale de Fessenheim sera fermée.
- Mise en place d’une politique industrielle pour les énergies renouvelables (Fonds d’investissement)
- Mise en place des tarifs d’achat de l’électricité d’origine renouvelable prévisibles sur la durée du mandat.
- Un million de logements performants rénovés ou construits (600 000 logements anciens – 400 000 logements neufs).
- Mise en place de tarifs progressifs pour l’énergie
Invité de l’émission « le Grand Rendez-vous » sur Europe1 et Itele, à l’occasion de la sortie de son livre « Candidats répondez ! », Jacques Attali a apporté sa contribution au débat énergétique, un des thèmes principaux de ce début de campagne électorale. Extrait de l’interview :
Jean-Pierre Elkabbach: Est-ce qu’un bon Président de la République renonce à l’énergie nucléaire civile ? Est-ce qu’il dit « on sort du nucléaire » ? Ou « on va à 50% » ?
Jacques Attali: Il dit certainement « je renonce à toutes les centrales nucléaires obsolètes » avec des conditions d’exigence d’obsolescence extrêmes. C’est-à-dire tous les risques possibles y compris les risques qui n’ont pas été pris dans les stress-tests récents. A savoir les risques d’accident terroriste ou d’accident d’avion qui tomberait sur les centrales etc… Hors c’est évidemment aujourd’hui une grande partie des centrales françaises, elles n’ont pas de double cuves et manquent de ces protections. Ou on les donne et ça va couter une fortune à EDF, et il faut le faire…
Jean-Pierre Elkabbach: …Il parait que va couter encore plus cher de les démanteler et de créer de nouveaux moyens de production…
Jacques Attali: … oui mais ça va couter encore plus cher… Pour moi, les supprimer n’a de raison d’être que si premièrement elles sont obsolètes et deuxièmement on se donne les moyens de développer les énergies renouvelables. Parce que si c’est pour transformer, comme l’a fait l’Allemagne récemment, les centrales nucléaires en les remplaçant par des centrales à charbon, c’est évidemment une absurdité. On remplace Charybde par Scylla, il faut les remplacer par du solaire, de l’éolien et des économies d’énergies.
Michaël Darmon: Est-ce que justement la France est en train de se convertir à l’économie verte, d’épouser cette évolution-là ?
Jacques Attali: Non, parce que la France a beaucoup d’atouts liés au fait qu’elle est une nation centralisée, monarchique, c’est le plus vieil Etat du Monde, bien plus vieux que la Chine. Enfin la Chine avait un Etat plus ancien mais il avait disparu pendant longtemps avec l’Angleterre qui elle aussi est un Etat différent. Donc la France a tous les avantages d’un Etat centralisé et le nucléaire correspond à une technologie centralisée. Alors que l’éolien, le solaire et les économies d’énergie correspondent à quelque chose de décentralisé. La France doit basculer dans l’économie de la décentralisation, je dirais d’une certaine façon dans l’économie des « ports » et non pas dans l’économie de l’agriculture forçant la centralisation, des silos, des regroupements etc… et donc c’est un changement profond de culture française qui est la culture du réseau et non pas la culture de la pyramide.
neoen, producteur d'électricité d'origine renouvelable, vient d'inaugurer, le 5 décembre 2011, deux projets de centrales solaires photovoltaïques situées dans le Sud-Ouest de la France à savoir les ombrières photovoltaïques du parking du Zénith de Pau et une centrale solaire en toiture du plus grand silo de maïs du Groupe Coopératif Maïsadour. Ces deux projets représentent un investissement cumulé de plus de 18 M€, pour une capacité de production annuelle totale de 5 GWh par an.
Lancé en décembre 2009 à l'initiative de la Ville de Pau, le projet d'ombrières du parking du ZAénith de Pau est l'un des plus grands projets d'ombrières photovoltaïques raccordé sur le domaine public français. L'intérêt de ces ombrières réside notamment dans la possibilité de réaliser des centrales solaires d'envergure en zone urbanisée, sans empiéter sur la surface utile au sol. Le projet a permis d'installer sur 25 000 m² du parking du Zénith une centrale de production électrique d'origine photovoltaïque posée sur 105 ombrières permettant de protéger les véhicules visiteurs des intempéries et du soleil. Elle produira chaque année environ 3,2 GWh, soit l'équivalent de la consommation annuelle en électricité de 1 000 foyers.
Conçu, réalisé et exploité par neoen, le projet a également été financé intégralement par neoen pour un investissement total d'environ 12 M€. Une redevance annuelle d'occupation du parking sera versée à la Ville de Pau en contrepartie de ce droit consenti pour une durée de 20 ans. Pour compléter le dispositif d'ombrières, neoen a également installé un système d'éclairage en dessous des ombrières et dans les allées de circulation du parking, ainsi qu'un système de vidéosurveillance qui permettra une intervention rapide en cas de dysfonctionnement de la centrale ou d'enclenchement du système d'alarme. Pour l'agrément du parking, neoen procèdera au printemps 2012 à l'installation de 42 jardinières équipées d'un système d'arrosage goutte à goutte. Soucieux de mettre à profit les compétences et le savoir-faire français développé pour ce type de projets, neoen a fait appel à plusieurs entreprises locales pour réaliser ce chantier. Les travaux qui ont débuté en février 2011 ont été achevés en octobre 2011. Les ombrières photovoltaïques ont été raccordées le 6 octobre 2011.
Du photovoltaïque des villes à celui des champs, il n'y a qu'un pas que neoen a franchi allègrement. La société Agralia, filiale du Groupe Coopératif Maïsadour, parmi les trois premiers groupes agro-alimentaires de l'Aquitaine, a ainsi choisi neoen pour équiper de panneaux solaires photovoltaïques son plus grand silo de maïs, d'une surface de 13 400 m², situé à Aire‐sur‐l'Adour (Landes). Représentant pour neoen un investissement de 6 millions d'euros, pour une puissance installée de 1,7 MWc, le projet a consisté à rénover la toiture du bâtiment, dont l'amiante a été retirée à cette occasion. En tant que producteur d'électricité verte, neoen a réalisé l'investissement puis exploitera la centrale photovoltaïque qui a été installée par sa filiale Gensun.
Le silo étant soumis à la réglementation ATEX (« Atmosphère Explosive ») et classé ICPE (« Installation Classée Pour l'Environnement »), une étude technique approfondie a dû être réalisée afin de vérifier la compatibilité du projet photovoltaïque avec ces contraintes et garantir la sécurité du site et de ses employés. Les travaux de construction ont démarré en mars 2011 et ont duré 6 mois. La mise en service de la centrale s'est effectuée le 29 septembre 2011. Celle‐ci produira chaque année 1 730 MWh, soit l'équivalent de la consommation annuelle de la commune de Haut Mauco, où se trouve le siège social du Groupe Coopératif Maïsadour.
Les opérations en quelques chiffres
Le Zénith de Pau, une centrale solaire au cœur de la ville 3,2 MWc installés • 13 860 modules poly-cristallins • 105 ombrières soit 22 800 m2 • 1 260 places de parking couvertes • 3,2 GWh par an • 1 000 foyers alimentés • 9 mois de travaux
Le silo de Maïsadour, un fort savoir-faire technique 1,7 MWc de puissance électrique • 7 360 modules poly-cristallins • 12 000 m2 de toiture • 1,7 GWh par an • 500 foyers alimentés • 280 tonnes d'amiante traitées • 6 mois de travaux
Avec le plan de rigueur annoncé ce lundi 7 novembre, le Grenelle de l'Environnement connaît un nouveau coup dur, signe d'une promesse qui a le plus grand mal résister à la crise de la dette. En effet, parmi les mesures prises par le gouvernement la réduction de 20% du CIDD est symbolique et marque une nouvelle entrave au développement de l'économie verte, qui rappelons-le, devait être l'un des principaux relais de croissance en termes de création d'emploi.
Que reste-il alors du CIDD ? Nul n'ignore que le taux du CIDD diffère selon les équipements. Il était de 45 % pour les équipements de production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable dont les chauffe-eau solaires et de 22 % pour l'installation de panneaux photovoltaïque. Il devrait donc passer à à 36% pour un chauffe-eau solaire et à 18% pour une centrale photovoltaïque. Des crédits d'impôts comme autant de peaux de chagrin !
L’inauguration par la ministre de l’écologie, de la centrale solaire du Marché international Saint-Charles (Perpignan) à fait l’objet d’une très vaste couverture médiatique depuis jeudi dernier.
On pourra visualiser ci-dessous les sujets consacrés par différentes chaines de télévisions dont dans un premier temps BFM TV (à venir, TV3 – chaîne catalane à Barcelone et France 3)
L’Ademe a organisé le 26 septembre dernier le deuxième forum des innovations. En parallèle avec une très belle exposition ou les différents industriels présentaient les résultats de leurs recherches, un ensemble de table rondes ont été organisées sur les thèmes suivants :
- Recherche et Investissements d’avenir pour le monde d’après.
- Les énergies de demain
- Ville du futur, une synergie nécessaire entre bâtiments et réseaux électriques intelligents
- Repenser les transports & la mobilité
Nathalie Kosciusko-Morizet (photo), Ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, est venu soutenir la manifestation et a prononcé un discours à la mi-journée.
La totalité des vidéos sont disponibles en cliquant ici
Nous reproduisons ci-dessous les extraits des interventions qui étaient consacrées à l’énergie solaire :
François Moisan, Directeur exécutif Stratégie, Recherche, International (ADEME)
André Joffre, PDG de TECSOL et Président du pôle de compétitivité DERBI
Arnaud Chaperon, Directeur Electricité et Nouvelles Energies (TOTAL)
L’entreprise de Vannes, qui employait 200 collaborateurs à la fin de l’année dernière se sépare de près de la moitié de ceux-ci pour faire face à la baisse brutale du marché des particuliers. Le moratoire, qui rappelons-le ne concernait pas le marché de l’habitat individuel, conjugué à la division par deux du crédit d’impôt au mois d’octobre 2010 a eu raison de ce marché naissant et des entreprises qui s’y développaient.
Franck Chevrel, PDG de la société, confirmait au journal Ouest France la mise en place d’un plan de licenciements « J'ai procédé à 44 licenciements la semaine dernière, dont 30 à Vittel, ma dernière agence extérieure après celles de Lyon, Bordeaux, Angers, etc. Je ne pouvais pas faire autrement.»
La baisse du marché est bien entendu la cause principale de ce retournement de situation «En juillet, on a vendu deux installations quand on en vendait 50 auparavant. C'est clairement l'effet du moratoire sur le raccordement des installations au réseau EDF et de la baisse du tarif des rachats de l'électricité produite.»
Mais ces licenciements ne seront peut-être pas suffisants et l’entreprise n’est pas pour autant sorti d’affaire. Elle cherche à lever un demi-million d’euros auprès des banques et des collectivités pour financer son plan de restructuration.